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 "Chacun de tes silences me met un bleu au coeur" [PV Neel]

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A DÉBARQUÉ SUR L'ÎLE LE : 10/06/2014

MessageSujet: "Chacun de tes silences me met un bleu au coeur" [PV Neel]   Mer 17 Mai - 22:18



«L'enfer, c'est l'absence éternelle. »
- Hugo -



La nuit tombait à peine lorsqu'un grognement apeuré résonna dans les rues, rapidement accompagné d'une flamme rougeâtre qui illumina un bref instant les environs d'une place citadine du centre de Mell. Tout en lâchant un bref cri de surprise et d'inquiétude, Rafaël recula rapidement. Il s'en était fallu de peu, la flamme avait frôlé sa joue, et en posant sa main dessus, la jeune femme y sentait encore l'empreinte de la dangereuse chaleur. Malheureusement, une bonne partie de ses cheveux longs n'était plus que cendres ; il devait bien lui manquer quinze-vingt centimètres sous l'oreille droite. Choquée et encore essoufflée de sa récente course, la gitane baissa les yeux sur le Goupix qu'elle avait poursuivi dans les rues de la capitale. Ce dernier, le regard sauvage et blessé, lui faisait face avec mépris, soufflant entre ses crocs une légère flamme aussi significative qu'agressive.

- Goupix, je t'en prie ! clama la brune, la voix enrouée.

Elle fit un pas vers lui, les bras tendu dans l'objectif de le récupérer. Mal lui en prit, car le renard fauve, se sentant menacé, répliqua instantanément en ouvrant grand une gueule pleine de flammes. Aveuglée par la soudaine lumière du feu, Rafaël n'eut le temps que de fermer les yeux et de se protéger de ses bras pour encaisser la douleur... qui ne vint pas. Quand elle rouvrit les yeux, elle fut surprise de constater que l'obscurité de la nuit était encore plus importante : Ectoplasma était étendu devant elle, flottant dans l'air comme une toile sombre. La brune lâcha un hoquet de surprise face à l'étonnante apparition. Le Pokémon spectre qui la suivait depuis quelques semaines l'avait protégé en encaissant le contre-coup de la flamme. Dans un grondement menaçant, le spectre gris grandit davantage, déployant une ombre soudaine qui percuta le jeune renard. Blessée, effrayée, la pauvre bête recula de plusieurs pas, les oreilles basses. Craignant qu'elle ne s'échappe encore, Rafaël s'approcha d'un pas vif en levant la main pour apaiser le spectre, cette dernière passa au travers du fantôme sans l'atteindre.

- Ectoplasma, non ! Ne l'attaque pas.

S'arrêtant aux côtés du spectre gris, la jeune Rocket observa avec inquiétude le renard. Ce dernier avait quitté sa position agressive pour son contraire, mais semblait toujours autant que le qui-vive. Rafaël soupira et dégagea ses cheveux de son front en une attitude désespérée.

- Je suis désolée de te l'apprendre comme ça... moi aussi...

Sa voix mourut dans un sanglot étouffé, les mots suivants ne vinrent pas. Le regard embué, la gitane resta concentrée sur le Goupix dont l'air sérieux lui laissait penser qu'il comprenait ce qu'elle lui disait. Sa dresseuse ne reviendrait pas. Sous la fine pluie qui commençait à tomber, le renard de feu laissa échapper une longue complainte de bête blessé, un cri entre douleur et rage, auquel Rafaël assista, impuissante. En preuve de solidarité, de compassion peut-être, le spectre chromatique se posa sur les épaules de la gitane en un léger courant d'air tiède. Une main contre la bouche, la brune resta spectatrice silencieuse du deuil du goupil deux fois orphelin. Enfin, doucement, elle s'approcha et s'agenouilla à ses côtés, leva une main avec hésitation puis la posa à peine sur la fourrure rousse, assez pour attirer l'attention du Goupix qui leva les yeux vers elle. Les yeux gris-verts de Rafaël reflétaient sa peine, ils partageaient la même douleur.

- Je ne peux expliquer son geste ni le fait qu'elle t'ait laissé à moi... mais si tu le souhaites, tu peux rester à mes côtés. Sinon... je peux te ramener à la pension de Roza, là où elle t'a trouvé.

Le renard attentif redressa les oreilles, puis les baissa à nouveau. Il passa son regard clair de l'Ectoplasma à la jeune femme. Celle-ci essuyait ses larmes, redressa la tête.

- Tu peux y réfléchir, je veux te laisser le choix. On en reparle demain, d'accord ? En attendant... (Elle fouilla dans son sac, sortit la Pokéball blanche et rouge.) Rentre à l'intérieur, s'il te plaît. Je te promets de te ressortir demain pour que nous en rediscutions.

Les yeux du Goupix exprimèrent autant d'amertume que de méfiance, et toujours une certaine douleur. Avec un pâle sourire encourageant, Rafaël appuya sur le bouton central. Dans un éclair rouge, le Pokémon se laissa attraper et il disparut à l'intérieur de la balle. Elle l'observa longuement, le coeur en miettes, puis rangea l'objet dans son sac. Sur le sol humide, la gitane leva le visage face au ciel, rencontra la pluie fine de printemps, ferma les yeux pour s'y soumettre. Quand le spectre lui tapota le dos, Rafaël sanglota et se prit la tête entre les mains. Mais qu'est-ce qui lui avait pris ?

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MessageSujet: Re: "Chacun de tes silences me met un bleu au coeur" [PV Neel]   Sam 3 Juin - 21:50

     De toute la journée, Neel n'avait pas arrêté. Ça avait commencé tôt. Réveil à cinq heures, un café trop amer rapidement avalé et tout juste le temps d'en griller une avant d'arriver à son premier rendez vous. Le premier d'une longue liste... avec les conneries de Crimson, il y avait du boulot. Organiser les troupes qui étaient logées dans différents endroits, rendant plus longs leur regroupement, voir avec les scientifiques ce qui avait été perdu des cherches, voir avec d'autres pour les documents importants, pot de vin à certains agents de police, s'organiser avec leurs partenaires et bien faire comprendre qu'un petit feu n'allait rien changer aux activités de la team.

     Bref. C'était la merde et Neel n'avait pas deux minutes à lui. Et il se sentait fatigué par tout ça. Trop de choses à gérer et à penser. Pourtant, il ne pouvait pas se permettre de flancher. On pouvait bien lui excuser l'incendie -une enquête avait montré que Crimson était visiblement une traître qui foutait la merde dans l'ombre-, mais s'il n'assurait pas pour redresser ce désastre, certains ne se priveraient pas de le bousculer pour lui voler son poste. Alors il prenait sur lui, affichait son air le plus associable et énervé, et il bossait. Efficace et rapide.
     Mais même le plus solide des hommes fatigue. Alors quand vers vingt-deux heures, Neel finit enfin son boulot de la journée, il souffla. Une longue expiration alors que ses épaules se relâchaient. Enfin, il pouvait se reposer. Alors dans un premier temps, il passa à une supérette histoire d'acheter son dîner. Trop fatigué pour chercher un truc compliqué. Un plat de pâtes à réchauffer ferait l'affaire. Mauvais en goût, mais au moins c'était rapide et ça le calerait. Et après ça, au lit. Enfin, c'était ainsi que Neel pensait finir sa journée. C'était son compter un enchaînement de faits indépendant de sa volonté.

    Tout d'abord, la pluie. En sortant de la supérette Neel fronça les sourcils. Super. Il allait être trempé en plus et il n'avait ni parapluie, ni capuche pour se protéger un tant soit peu. Alors Il ferma simplement son blouson pour limiter les dégâts avant de s'engager dans les rues de la ville. Fine au départ, la pluie finit par s'intensifier. Si bien que le lieutenant rocket changea de rue. Celle de droite était moins exposée grâce aux arbres qui la bordait, permettant de se protéger un peu plus de la pluie. Puis ce fut là, le dernier élément. Un léger éclair rouge dans une ruelle à sa droite qui attira son attention.
     Il aurait pu filer tout droite, mais Neel tourna la tête par réflexe. Et là il la vit. Rafaël. La jeune femme était dans la ruelle. Recroquevillée, le visage caché, un pokémon spectre à côté. Devant cette scène, n'importe qui se demanderait ce qu'il pouvait se passer. Mais une autre pensée frappa Neel.

     Il l'avait oublié. Enfin, non. Il n'avait pas oublié Rafaël. Mais le temps de ces deux jours après l’incendie, il l'avait mise de côté et avait arrêté d'y penser. Il avait arrêté de penser à ces regards échangés, ce baiser, cette maladresse entre eux deux, la réalisation de ses sentiments. Bon sang. Comment avait-il pu se laisser bouffer de la sorte par les derniers événements ? Au point de plus se soucier une seule fois de la gitane ? Il s'en voulut aussi, se sentit mal. Minable. Il serra le poing, agacé envers lui même. Puis il détailla la gitane. Qu'es-ce qu'elle faisait là, toute seule, à se laisser tremper par la pluie ? Il hésita, puis fit un pas vers elle.

     « Rafaël ? Appela-t-il doucement »

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MessageSujet: Re: "Chacun de tes silences me met un bleu au coeur" [PV Neel]   Jeu 8 Juin - 12:02



«L'enfer, c'est l'absence éternelle. »
- Hugo -



Le premier à se retourner, le regard rougeâtre des plus agressifs, fut l'Ectoplasma gris qui reposait toujours sur les épaules de la jeune femme. Il s'élança dans les airs, érigeant de son corps une barrière entre les deux humains. C'était une décision qu'il avait pris, à force de suivre la gitane silencieuse. Il la protégerait du moindre mal qui pourrait lui arriver et se nourrirait de tous ses cauchemars.

Ce fut le grondement hostile qu'il lâcha, qui sortit Rafaël des pensées sombres dans lesquelles elle était enfermée. Son poing gauche était serré à s'en faire mal, à l'intérieur, un mot hâtivement griffonné. Un bout de papier, pas tout à fait une lettre, qu'elle avait vu tomber du Goupix quand celui-ci était retourné dans sa Pokéball. Ses mains tremblantes l'avaient attrapé, ses yeux humides l'avaient découvert et son cœur serré s'était brisé un peu plus en découvrant le message que Crimson lui avait laissé.

« Rafaël,

À l'heure où tu lira ceci, je ne serais sans doute plus à Alera. Mon comportement à ton égard a dû te paraître étrange de par mon grade, alors je pense qu'il est temps de m'expliquer.

Bien qu'étant sergente, je n'ai jamais voulu faire partie de la team Rocket, et encore moins y occuper un tel poste. J'ai été enrôlée de force à l'âge de 16 ans, après que mes parents, membres eux aussi, soient décédés pour l'organisation. Je n'ai jamais pu pardonner la mort de mes parents à la team, et j'ai finalement accepté d'y travailler afin de la détruire de l'intérieur. Je n'ai jamais eu d'amis, ici ou ailleurs, donc voir la team disparaître ne m'aurait pas plus affectée que ça. Jusqu'à très récemment du moins.

Tu te souviens de notre rencontre ? L'entente a été un peu difficile au début, mais on a fini par commencer à parler peu à peu. Il y avait quelque chose de différent en toi, par rapport aux autres membres, et c'est ce qui m'a attirée. Tu n'avais pas l'air de vraiment vouloir effectuer cette première mission, un peu comme moi à mes débuts. Peut-être que, comme moi, tu ne désirais pas intégrer la team ? Si tel est le cas, je souhaite de tout coeur que tu parvienne à t'en échapper, ta place n'est pas dans celle-ci.

J'espère que tu comprendra maintenant mon comportement avec toi. Tu as été ma première amie, et je dois avouer que mon coeur en aurait aimé plus. Et j'espère que tu me pardonneras d'avoir disparu comme ça. Désolée, vraiment. Et merci pour ton amitié. Je t'aime.

PS: Prend bien soin de Vulpix. Elle risque d'être un peu difficile, mais lit lui cette lettre, je pense que cela devrait suffire à la calmer. »


Lentement, la jeune femme tourna la tête. Il lui fallu quelques instants pour ajuster ses pensées, sa mémoire, pour reconnaître l'homme non loin d'elle, pour se souvenir de leur trouble et de leur histoire. Ses yeux gris, en véritable miroir d'âme, reflétaient sa peine et sa douleur. Ils étaient ternes, vides de toute joie. Les joues creusées par les larmes, le teint encore plus blafard qu'à l'accoutumée, la jeune femme s'était complètement laissée aller ces deux derniers jours, oubliant de manger, de se laver. Sa joue droite était encore rougie par la brûlure de Goupix, des cheveux manquaient sous son oreille. Rafaël était complètement dévorée par le chagrin et seul l'Ectoplasma qui l'accompagnait dans l'ombre comprenait sa peine et l'aidait à s'en sortir, en dévorant une partie de ses pensées les plus obscures.

Le pas fébrile, Rafaël se remit debout et fit face au lieutenant Rocket. Son poing gauche étant toujours solidement fermé autour du message de Crimson, elle leva la main droite pour la passer au-travers du spectre, sa manière à elle de l'apaiser, l'incitant ainsi à cesser sa sévère protection. Neel ne lui ferait pas de mal. Le fantôme lui jeta un coup d’œil, eut une grimace maussade et s'éleva un peu plus, décidant malgré tout de rester au milieu d'eux, mais au-dessus de leurs têtes. Il restait méfiant.
La brune endeuillée leva les yeux vers le rouquin. Leur silence était étouffé par le martèlement de la pluie.

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MessageSujet: Re: "Chacun de tes silences me met un bleu au coeur" [PV Neel]   Mer 14 Juin - 7:06

   Il n'y avait aucun bruit. Juste celui de la pluie contre le goudron du trottoir. Le regard brun de Neel passait de la brune au spectre qui flottait en l'air. D'où sortait-il celui là ? Une nouvelle capture ? Depuis quand ? Surtout au vu de son niveau d'évolution...
   Non. On s'en foutait de ça. Ce n'était pas la question ! Perdu, il reporta son regard sur la brune. Outre la pluie qui était en train de la tremper, elle avait mauvaise mine. C'était un euphémisme même. Il vit ses cheveux brûles, sa joue rosie, son visage creusé, ses yeux à la fois rouges et cernés. Mais surtout son regard désorienté. Que s'était-il passé ici ? Elle s'était battue ? Faite agressée ? Était-ce l'ectoplasma ? Non. Il s'était mis en protecteur, et elle l'avait stoppé. Quoi alors ? Il ne l'avait pas vu depuis l'incendie. Qu'est-ce qu'elle avait pendant ces deux jours ? L'avait-il vu une seule fois ? Non.
   Pour Neel qui avait oublié la gitane pendant deux jours, se retrouver d'un coup face à elle dans une situation incongrue lui rendait la réflexion difficile. Il y avait tellement d'éléments devant lui qu'il avait du mal à figé son regard et ses interrogations sur une chose à la fois. Si son visage restait stoïque, ses yeux qui filaient et ses sourcils froncés soulignaient sa réflexion.

   Le rouquin eut alors un sursaut. Se crispant. Quelques goûtes de pluie venaient de se faufiler sur sa nuque, lui donnant un frisson. Désagréable sensation qui eut le mérite d'arrêter son flux de pensée. Vincent regarda la brune. Rafaël. Son état.
   Bordel.
   Vincent avança alors vers elle d'un pas ferme. Les questions, plus tard. Pas le moment. La priorité était de s'occuper d'elle. La sortir de là. Il ouvrit rapidement son blouson et le retira d'un geste brusque. Il se retrouvait en t-shirt mais cela ne lui importait pas. Malgré la pluie, le temps restait chaud. Mais même sans ça, il s'en fichait. La notion d'attraper un rhume était bien loin de lui en cet instant.
   Il déposa son blouson sur les épaules de la brune, la couvrant.

   « Enfile ça. »

   Vincent posa alors une main dans son dos, sans trop appuyer pour autant, juste de quoi lui indiquer d'avancer. Il lui fit faire quelques pas, doucement d'abord, avant d'affirmer sa marche. Ils quittèrent la ruelle, le lieutenant prenant la direction de l'hôtel où il logeait.

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MessageSujet: Re: "Chacun de tes silences me met un bleu au coeur" [PV Neel]   Jeu 6 Juil - 13:55



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Lorsque l'homme s'avança soudain vers eux d'un pas brusque, l'Ectoplasma se plaça à nouveau en protecteur, dressé devant Rafaël en un bouclier de fumée grise. Ses yeux rouges, grands ouverts, ne le quittaient pas un seul instant, prêts à riposter à la moindre attaque, prêts à défendre la brune au moindre geste qui lui paraissait suspect. Le fantôme avait beau l'air d'être un farceur, on voyait à son attitude qu'il ne plaisantait pas, surtout lorsqu'on sait que ce Pokémon est capable de tuer des humains sans que personne ne se rende compte de rien... Si Rafaël était au courant de cette particularité du spectre, elle semblait s'en moquer éperdument, du moins faisait-elle assez confiance au Pokémon pour ne pas s'en soucier.

Il fallait dire que ces derniers temps, le fantôme se régalait de ses cauchemars et autres idées noires, et qu'il ne l'avait jamais autant collé. En parallèle, la gitane n'arrivait plus à penser à rien et paraissait à deux doigts de perdre connaissance. Cela la vidait de toutes ses forces, quand bien même l'Ectoplasma y mettait toute la bonne volonté du monde.

Ce fut en voyant le lieutenant retirer son blouson que le spectre fut rassuré sur les attentions de cet homme, qui semblait vouloir prendre soin de sa (victime) dresseuse. Il s'éleva alors à nouveau dans les airs, laissant Neel protéger Rafaël de sa veste afin que l'averse ne la mouille pas davantage. La gitane leva les yeux vers lui, à peine, mais resta silencieuse. Et lorsqu'elle sentit la douce pression dans son dos, elle avança, simplement, comme une marionnette dénuée de toute mécanique.
Ils quittèrent ainsi les ruelles glissantes de Mell, en silence, suivis par un spectre chromatique qui, au fur et à mesure de leurs pas, s'évaporait dans la nuit.

Quinzième rue, numéro six. Ici se tenait un appart-hôtel moderne qui offrait tout le confort aux dresseurs pouvant se payer davantage qu'une nuitée dans un hôtel de standing ou réclamer une chambre au Centre Pokémon du quartier. Rien de très luxueux non plus, les prix n'atteignaient pas ceux des hôtels du quartier des arts ou de celui des lumières, mais au moins tout y était : salle de bain privative, petite kitchenette, literie de grande qualité et coin bureau avec connexion internet, le tout n'étant pas plus vieux que deux ou trois ans. Depuis que le QG de Mell avait brûlé, tous les sbires avaient été dispersés et relogés où il y avait de la place, et surtout pas en trop grand nombre, afin de ne pas attirer l'attention sur eux. Si Neel s'était retrouvé dans cet hôtel des mieux bâtis, Rafaël avait atterri dans un petit hôtel d'une ruelle bien plus à l'écart du centre, en compagnie de trois autres sbires, une femme et deux hommes. Ils partageait d'ailleurs les deux chambres en commun, et étrangement la femme ne dormait jamais dans le même lit. Quant à Rafaël, elle n'y avait pas dormi une seule nuit.

En voyant le drôle de couple avancer dans le hall de l'hôtel, le réceptionniste de nuit se redressa. Il les jugea un instant du regard, un peu méfiant, un peu inquiet devant la jeune femme immobile, mais il salua tout de même ses clients avec une conscience professionnelle obligée. Malgré tout, ce client qui dormait ici depuis deux nuits ne lui disait rien qui vaille.

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MessageSujet: Re: "Chacun de tes silences me met un bleu au coeur" [PV Neel]   Ven 14 Juil - 18:06

Alors qu'ils avançaient, Neel ne cessait de jeter des coups d'oeil à l'ectoplasma. Qu'est-ce qu'il fichait là celui-ci, sérieusement ? Il ne voyait pas du tout Rafaël avoir le niveau pour maîtriser une telle bestiole... mais il semblait assez protecteur avec elle vu sa façon d'agir. Un sauvage qui avait décidé de la suivre ? Il n'était pas agressif, mais Neel restait méfiant. Avec les spectres, mieux valait s'attendre à tout.

Quoiqu'il en soit, ils arrivèrent à l'hôtel du rouquin. Ce dernier ne jeta qu'un bref coup d’œil au réceptionniste, pas plus intéressé que ça par l'individu et aussi trop préoccupé par la jeune femme. Ils montèrent ensuite dans l’ascenseur. Troisième étage, couloir de droite, porte du fond. Durant tout le trajet, pas une seule fois il ne retira sa main de son dos. Il ne faisait que la guider, mais il avait l'impression que si il perdait le contact physique avec elle, la gitane s'évaporerait. Vincent ne brisa le contact que une fois devant la porte, le temps de sortir sa clef de sa poche et d'ouvrir la porte. Là il passa derrière la jeune femme pour l'inviter à entrer.

C'était un petit appartement hôtel qu'il avait pris. Il était mieux logé que les sbires forcément, mais il n'avait pas voulu du grand luxe et suites que s'offraient souvent les autres lieutenants. Il aimait avoir du confort mais n'était pas pour autant friand de ce qu'on pouvait appeler communément le « luxe ». Sérieusement, à quoi ça servait d'avoir un salon de 50m² quand on était seul ? Et que la baignoire soit en acrylique plutôt qu'en marbre lui importait bien tant que l'eau qui en sortait était chaude. Ainsi, l'appartement du lieutenant se constituait d'une salle de vie avec kitchenette, un espace repas avec table et chaises, et un lit dans un coin, plus une porte qui menait à la salle de bain.

« Rafaël. »

Ce fut leur premier mot échangé. Entendre sa propre voix parut presque étrange à Neel tant le silence avait accompagné leur route. Il tira une chaise et lui désigna.

« Installe toi. »

Voyant qu'elle ne réagissait pas tellement, Vincent vint attraper la jeune femme par les épaules pour la guider et la faire s'asseoir. Qu'est-ce qu'il s'était passé pour qu'elle soit dans un état aussi léthargique ? Le spectre peut-être...  ? Il la regarda, l'idée d'aller lui chercher une serviette pour qu'elle se sèche l'effleurant, et remarqua alors son poing gauche fermé. Il était serré comme si elle tenait quelque chose dedans. Curieux, et espérant davantage comprendre ce qui lui était arrivé, il attrapa sa main pour ouvrir son poing et trouver la lettre froissée. Il déplia le papier pour voir ce quoi il s'agissait. Son regard glissa immédiatement sur le nom de l'expéditeur et il se figea.

« Qu'est-ce que c'est que cette merde ?! »

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MessageSujet: Re: "Chacun de tes silences me met un bleu au coeur" [PV Neel]   Jeu 20 Juil - 10:34



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Une étrange démangeaison dans la paume, comme le grattement d'un Pokémon sur sa peau parvint à ramener Rafaël à la réalité. Elle posa les yeux sur les mains de Neel, dont l'une tenait doucement son poignet tandis que l'autre, plus intrusive, venait ôter de son poing la lettre froissée que la gitane avait trouvé sur le Goupix orphelin. Peinant encore à reprendre pied avec la réalité, à sortir de l'état de choc dans lequel elle se trouvait, Rafaël ne bougea pas un doigt pour l'aider. Le raclement du papier contre sa paume ne devait pas être des plus agréables, mais elle avait le poing fermement fermé depuis si longtemps déjà, qu'elle ne sentait rien.
Quand le papier froissé quitta sa main, elle entendit un cri de rage.

« Qu'est-ce que c'est que cette merde ?! »

Muette de stupeur, la tête rentrée dans les épaules par réflexe craintif, Rafaël observait le lieutenant qui dévorait la lettre du regard, les yeux brûlant de rage. Instantanément, comme un coup porté au cœur, la jeune femme sentit ses yeux la piquer à nouveau et sa vue se brouiller. Elle réalisait, doucement, se souvenait des mots qu'elle avait lu, avec une surprise et une culpabilité immenses. Tout lui revenait en mémoire : le QG en feu, le geste de Crimson, Goupix, la lettre. Comment ne pas s'en vouloir, avec un tel testament ?

Le cœur de la gitane remonta jusqu'au bord de ses lèvres, sa voix sortit toute seule, tremblante d'une culpabilité dévorante.

- Je... ne me suis rendue compte de rien,
bredouilla-t-elle, la voix brisée. J'aurais pu...

Sa gorge laissa échapper un son étouffé, comme un début de sanglot. Pu quoi ? Qu'est-ce qu'il aurait fallu qu'elle fasse ? Se rendre compte de tout ça avant l'acte, essayer de l'en empêcher ? Il aurait fallu, pour cela, que Rafaël soit plus ouverte au monde qui l'entoure, qu'elle se rende compte, peut-être, qu'elle n'était pas la seule à souffrir dans cette Team. Qu'elle soit moins égoïste. Un sanglot passa ses lèvres, la culpabilité l'étranglait, lui broyait le cœur. L'air peinait à rentrer en elle. Les larmes à présent dévoraient ses joues, tandis qu'elle levait à nouveau les yeux vers le Rocket, tuée par l'impuissance de l'instant.

- Qu'est-ce que j'aurais dû faire ?!


Son cri résonna dans toute la pièce. Le désespoir, le suicide du cœur.

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MessageSujet: Re: "Chacun de tes silences me met un bleu au coeur" [PV Neel]   Ven 21 Juil - 17:46

Le regard de Neel glissait le long du papier, découvrant les derniers mots de Crimson. Putain de bordel de- ! Ça confirmait les rapports de l'enquête sur Crimson, mais pourquoi avait-elle envoyé ça à Rafaël ?! Putain. Heureusement que c'était lui qui était tombé sur ce torchon. Il y avait là de quoi accuser Rafaël de trahison ou de complicité ! Et c'était quoi ces conneries ?! … Crimson était lesbienne ? Ce détail aurait pu l'agacer vis à vis de ce qu'elle énonçait sur Rafaël, mais elle était morte, alors peu importe. Même si ça l'agaçait quand même... Mais on s'en foutait de ça ! Il froissa la feuille, énervé. Putain, il fallait qu'il brûle ce truc.

"Je... ne me suis rendue compte de rien. J'aurais pu..."

Revenant un peu à la réalité, Neel eut l'air surpris d'entendre brune. Elle qui s'était montré complètement léthargique, il ne pensait pas entendre le son de sa voix tout de suite, aussi faible et tremblant soit-elle. Elle avait l'air complètement bouleversée, prête à fondre en larme. … Quand s'était-elle rapprochée de la défunte à ce point ? Il n'avait rien vu. Rien du tout. En même temps, jusqu'à l’incendie, il n'en avait jamais eu rien à faire de Crimson, et pour Rafaël... elle avait toujours semblé ne jamais parler aux autres. Alors quand avait-elles bien pu se rapprocher ? Où était-ce juste Crimson qui s'était monté un délire toute seule ?

"Qu'est-ce que j'aurais dû faire ?!"

Le brusque éclat de voix de la gitane, ses sanglots, Neel ne s'y attendait pas. Toute ça pour l'autre cruche ? Il aurait bien pu gueuler comme quoi Crimson n'était qu'une traître, une abrutie qui avait failli tuer une trentaine de personnes dans la tour sur un coup de tête, et en plus de ça qu'elle avait manqué de mettre Rafaël dans la merde avec sa lettre, et surtout qu'elle était morte et que ça ne servait à rien de se morfondre sur elle. Il aurait pu gueuler tout ça. Il en avait envie tellement il se sentait en colère sans tellement pouvoir dire pourquoi de façon précise. Mais il savait que ça ferait plus de mal que de bien à la brune. Que ça ne servirait à rien. Alors il fit un pas vers elle et posa une main sur sa chevelure.

« Rien. Tu n'avais rien à faire. Elle avait décidé de son sort toute seule. »

En soit, c'était vrai. Il n'y avait rien eu à faire. Franchement, Neel se disait bon débarra. Il se fichait éperdument de Crimson. Mais à voir la brune autant bouleversée devant lui, Vincent sentait bien que lui exprimer le fond de sa pensée n'était pas la meilleure des idées. Putain, mais qu'est-ce qu'il devait faire alors ?! Il était agacé, mais n'avait pas envie de l'engueuler, et il n'avait pas non plus envie de mentir en prétendant se soucier de la perte du sergent.
Le rouquin soupira, cherchant à se calmer, et il regarda la brune. Elle faisait si petite, si fragile en cet instant. Bien sûr, elle avait toujours eu l'air un peu faiblarde, mais habituellement elle était habillée d'un regard farouche, toujours sur ses gardes, le visage fermé. Là, elle paraissait sans défense, hors de sa coquille.

Vincent se dit que s'il ne savait pas quoi dire, parfois il n'était pas nécessaire de parler. Alors il approcha de la brune, se pencha sur elle, et vint la serrer contre lui. Il ne savait pas, il avait juste envie qu'elle cesse d'avoir cet air si désespéré sur la figure.

Putain. Ça changeait vraiment, les sentiments.

________________________
Vincent frappe et fume en #cc0000.



Après le boulot... :
 
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"Chacun de tes silences me met un bleu au coeur" [PV Neel]

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