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 « Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? » – Leine Storlme

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MessageSujet: « Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? » – Leine Storlme   Jeu 18 Aoû - 13:41

Leine Storlme


« Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? » – William Shakespeare (Roméo et Juliette)






ID. CARD _________________________ Anecdotes


Surnom : Lawless ♦ Âge : 18 ans ♦ Date de naissance : 24 juin ♦ Ville de naissance : Méanville ♦ Orientation sexuelle : Hétéro au cœur brisé ♦ Métier, statut : Lycéen / Comédien ♦ Signe particulier : Trois mèches noires ♦ Région : Unys ♦ Groupe : Citoyens ♦



- Il adore la lecture à un point inimaginable, tout livre qui lui passe sous la main, il le lit. Mais il a une forte préférence pour les pièces de théâtre (dont sa préférée est « Roméo et Juliette », de William Shakespeare, même si elle lui a porté malheur, d’après lui), mais ça ne l’empêche pas de lire toute sorte de roman ou littérature quelconque.
- Il est surprotecteur avec Plushie, sa petite Emolga. Dès qu’elle est blessée, il n’hésitera pas à la soigner avec ce qu’il a sous la main.
- Il a trois mèches noires, deux canines plus pointues que la normale et beaucoup de bijoux. Ainsi qu’un style vestimentaire… très peu commun. Il ne paraît pas dérangé par les moqueries autour de lui.
- Il aime bien toutes les espèces d’animaux, mais plus particulièrement les hérissons. S’il pouvait en adopter un, il le ferait. Malheureusement, Plushie se montre très jalouse quand il approche un autre Pokémon ou animal… pour cette raison qu’il ne possède qu’elle. Et encore, non capturée. Puisqu’elle n’a pas de Pokéball, elle a trouvé que vivre sur la tête de son partenaire était un plaisir simple dont elle ne se lasse jamais. Elle s’éloigne rarement à plus de cinq mètres de lui.
- Il ne s’entend pas trop, trop bien avec ses parents, notamment à cause du fait qu’ils lui ont imposé certaines choses dont il ne voulait pas (il devait reprendre le flambeau en tant que fils unique, se marier avec une fille d’une famille noble, ect…).
- Il arrive souvent que Plushie s’incruste à ses cours de théâtre, ce qui ne le dérange pas vraiment, en réalité, et l’intègre facilement aux scènes. Enfin, elle s’intéresse à tout ce qu’il fait, et adore jouer avec tout ce qu’elle trouve.
- Plushie adore collectionner les noisettes et les imbiber d’électricité. Il n’a jamais compris pourquoi elle faisait ça, et elle n’a pas l’air décidé à lui donner une raison.
- Plushie porte une chaîne en argent avec son nom écrit dessus. Son partenaire porte un collier semblable qui lui a été offert par Ophélie. Il y tient énormément.
- À cause du fait que l’Emolga et lui soient ensemble tout le temps, le duo partage un lien très fort. Si fort qu’ils parviennent désormais à se comprendre sans avoir besoin de parler (de toute façon, ce n’est pas comme si Plushie le pouvait).


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Character

« On souffre moins quand on ne voit pas celle qu’on aime. » – Anton Tchekhov (Oncle Vania)


Leine est un comédien dans l’âme. Pour vous, faire du théâtre n’est peut-être qu’une simple activité pour ceux qui aimeraient être quelqu’un d’autre. Mais pour lui, c’est toute sa vie, sa passion, plus importante encore qu’apprendre comment lancer une Pokéball. Pour vous, être un acteur se résume peut-être à jouer un rôle pour un temps donné. Mais pour lui, c’est s’éloigner de la réalité, cacher ses sentiments au plus profond de son cœur. Et ça, croyez-le ou non, Leine est devenu expert en la matière. Après tout, il fait du théâtre depuis plus de dix ans et a déjà fait de nombreuses représentations en public. Au début, c’est effrayant. Avec le temps, on s’habitue. On n’a plus peur. On est applaudit avec force à la fin du spectacle. C’est un bonheur comme un autre de lire le plaisir des spectateurs qui ont assisté aux scènes. Enfin, sans compter les terrifiants imprévus, bien évidemment…

Pour en revenir au jeune homme… Leine est naturellement très cultivé, notamment dans le domaine de la littérature. Les professeurs de français sont souvent impressionnés par ses connaissances en termes de romans et de pièces de théâtre. Malheureusement, il en connaît justement peut-être un peu trop, car il a tendance à répondre avec des répliques de théâtre quand on essaye de lui parler simplement, et on insiste sur le ‘’simplement‘’. Genre un bête « Bonjour. ». Ça finit assurément par en énerver bon nombre qui n’apprécient pas autant que lui le théâtre ou la lecture tout court, ce qu’il trouve d’ailleurs soi-disant désespérant. C’est comme si on entendait un vieux qui dit : « Les jeunes de nos jours n’ont plus aucun intérêt pour les grandes œuvres. » Ouais, Leine est bien le genre à pouvoir sortir ça. Bien que derrière ça, il ne soit pas particulièrement calé en histoire…

Bref, d’après ce qu’on dit du blond méché, il semble plutôt bavard, n’est-ce pas ? Eh bien, en réalité, ce n’est pas tellement le cas. Au contraire, il est plutôt renfermé sur lui-même depuis l’accident qui est arrivé à Ophélie, sa petite amie et également fiancée. Il s’est plongé dans une bulle. Il ne veut plus rien avoir à faire avec la réalité. Il se réfugie dans une solitude qu’il refuse de reconnaître car il déteste être seul. Il a peur d’être abandonné pour l’éternité. Cependant, il camoufle très bien cette solitude sous les différents rôles qu’il endosse. Il vous paraît arrogant ou narcissique ? Il se moque de vous ? Il vous énerve ? Il vous balance des monologues trop réalistes à votre goût ? Ouais, c’est bien parce qu’il « joue ». Ce n’est pas lui. Qu’est-ce qu’il aimerait que les gens autour de lui s’en aperçoivent. Qu’est-ce qu’il aimerait que les gens autour de lui viennent lui tendre la main et le sauvent. Il joue. Il passe son temps à jouer. Il se prétend heureux, joyeux, enthousiaste, optimiste à longueur de temps alors que c’est tout l’inverse. Ses pensées sont complètement négatives : « Je ne sers à rien. Ce monde m’a volé mon bonheur. Je n’ai rien à faire ici. »

Bien sûr, c’est là qu’intervient Plushie, la seule qui semble remarquer chacune des expressions cachées de son partenaire humain. Elle reste constamment près de lui, toujours présente pour lui remonter un peu le moral, le faire sourire. Le duo est tellement proche qu’ils se comprennent naturellement. C’est aussi là que le petit côté bienveillant de Leine apparaît. Il est effrayé à l’idée de voir à nouveau quelqu’un, aussi bien humain qu’animal et Pokémon, blessé juste sous ses yeux. Que vous soyez son ami ou son ennemi, l’adolescent cherchera à vous protéger du danger. Même face au plus grand danger, il reste calme en toute circonstance et ne vous laisse pas d’autres choix que de fuir le plus vite possible. Mais c’est certain. Il est plus apeuré que n’importe qui. Il vous dit qu’il n’a pas peur de la mort ? Ah, ah ! C’est une excellente blague. Il triche, il cherche à gagner du temps pour pouvoir mieux fuir à son tour. Il veut mourir. Il ne veut pas mourir. Il veut rejoindre Ophélie. Il ne veut pas laisser tomber Plushie. Il ne sait pas ce qu’il veut. Il est perdu. Totalement. Il ne sait plus ce qu’il doit faire… il a besoin de votre aide…


Physical

« Je ferai le clown de mon mieux. Et peut-être ainsi, je parviendrai à faire l’homme, au nom de tous. » – Michel Quint (Effroyables Jardins)


Leine est un adolescent accro aux Pokémons de type Electrick. Il est âgé de dix-huit ans, et mesure environ un mètre soixante-seize, une taille normale pour un garçon de son âge. De plus, il est plutôt maigre car il ne pèse que 58 kilos. Son poids plume s’explique notamment par le fait qu’il mange peu et qu’il est souvent en mouvement à cause du théâtre. Et encore, suite au décès d’Ophélie, il n’a pas mangé pendant plusieurs jours et a pas mal maigri. Cette attitude a beaucoup inquiété ses parents qui ont eu peur qu’il fasse une hypoglycémie. Bref, il a bien compris que même ne pas manger pendant plusieurs jours ne tue pas. Passons donc. Il a les cheveux blonds mi-courts, qui brillent d’une lueur dorée au soleil, ainsi que trois mèches colorées noires (une de chaque côté de son visage, la dernière au milieu). Sa chevelure est un peu en bataille, mais rien de très extravagant.

Comme ses parents, le blond méché a les yeux d’une splendide couleur ambre, avec de forts penchants vers le rouge. Du point de vue de certaines personnes, ses yeux ont plus une couleur flamboyante que simplement ambrée. Ils étincellent souvent d’une bonne humeur à peine cachée, bien qu’il n’en pense rien au plus profond de lui. Parfois, cette lueur exprime également une forte moquerie face aux autres quand il sait qu’il les ennuie énormément. Il porte des lunettes avec une monture rouge, cependant celles-ci ne sont pas faites pour corriger la vue, mais seulement pour décorer. Quoi qu’il en soit, tout ça ressort bien sur son teint plutôt clair malgré qu’il sorte assez souvent de chez lui et que, comme il est blond, il attire plus facilement les rayons du soleil. Ne cherchons pas midi à quatorze heures, la magie des mangas, on la connaît tous. Pour une raison quelconque aussi, ses deux canines du haut sont plus pointues que la normale, cependant, les médecins ont dit que ce n’était pas très important.

Niveau vestimentaire, le jeune homme a opté pour un style assez particulier… vraiment particulier. Ça ressemble un peu à un style comme on demande dans les écoles mais en plus bizarroïde et croisé avec le décontracté. Généralement, il porte une chemise blanche dont les manches sont retroussées jusqu’aux coudes et qui arbore un emblème de croix noire avec un V blanc. Cette chemise, contrairement aux normales, se ferme non pas avec des boutons mais bien avec des épingles à nourrice. Allez savoir où il a été pêché son idée. Par-dessus, il a une veste sans manche de couleur orange, ainsi qu’une cravate de couleur turquoise foncée ou verte. Quelle harmonie génialissime des couleurs, effectivement. Comme si tout cela ne suffisait pas, il enroule toujours une très, très longue écharpe noire autour de son cou dont les bouts se terminent en espèce de pointes.

À l’opposé de son haut plutôt clair, son pantalon… qui est plus un pantacourt est de couleur… allez, faisons simple, de couleur noire. Voilà, c’est fun. Mais ne vous inquiétez pas ! Il lui arrive souvent de porter des vêtements encore plus chelous ! Surtout quand il sort de ses cours de théâtre dans la précipitation, il ne prend pas toujours le temps de se changer avant. Donc si vous le voyez déguisé en cosmonaute, tout va bien, ne vous en faîtes pas. Quoi ? Comment ça, ce n’est pas drôle ? Pff ! C’est vous qui n’avez pas d’humour, oui ! Peu importe. En guise de chaussures, il enfile des baskets noires et orange avec des longues chaussettes toutes aussi rayées noires et orange. Style absurde, bonjour.

Bien, côté vestimentaire, c’est fini. Passons à la suite, les bijoux et autres trucs tordus. Parce que oui, il en a pas mal aussi. Gosse de riche, va. Il porte un collier en argent avec un médaillon sur lequel est écrit son prénom. Il y tient énormément car c’est Ophélie qui lui a offert. Il a aussi deux bracelets au poignet gauche, l’un en argent et assez large, tandis que l’autre plus fin est en or. Il a également deux bagues, une en argent avec des motifs de flèches sur le majeur, et une seconde toute simple et en or sur l’auriculaire. À la main droite, il porte un autre bracelet en or avec une longue gourmette sur lequel son nom de scène « Lawless » est écrit, ainsi qu’une bague en argent sur l’index. Tant qu’on parle encore du théâtre, il lui arrive de se promener quelques fois avec une rapière noire. Pas d’affolement, il ne peut blesser personne avec ! De un, parce que c’est contre la loi. De deux, parce qu’elle n’est pas pointue. Très souvent, on peut voir une petite Emolga du nom de Plushie qui squatte sa tête. Ses couleurs préférées sont l’or et l’orange.


Story

« Vivre est une torture, puisque vivre sépare. » – Albert Camus (Les Justes)


Acte I – Le Théâtre

« Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles. » – William Shakespeare (Comme il vous plaira)

(Ouverture des rideaux. Les projecteurs s’allument sur un adolescent aux courts cheveux blonds colorés noirs sur quelques mèches, proche des dix-huit ans, situé au centre de la scène. En arrière-plan, on peut voir un décor de château avec une longue allée entourée d’une pelouse magnifiquement bien tondue et des buissons de roses de toutes les couleurs. À l’étage du château, en relief, on aperçoit facilement un balcon, mais personne ne s’y trouve. L’unique garçon présent sur scène s’incline respectueusement devant son public. Cependant, personne n’applaudit pour l’encourager. Personne n’applaudit tout court. La raison est parce qu’il n’y a tout simplement aucun spectateur qui le regarde. Peut-être que tout cela n’est qu’une répétition. Pourtant, cela ne semble ni être une répétition, ni être une présentation. Il ne paraît même pas y avoir d’autres acteurs que lui. Le jeune homme se redresse de sa courbette et, à cet instant, une petite Emolga apparaît de nulle part et vient se poser sur sa tête. Puis il sourit aux gens invisibles devant lui.)

LAWLESS

» Bonsoir à tous et à toutes ! Vous assistez, ce soir, à un spectacle très spécial. Il n’a rien de particulièrement intéressant, alors si vous souhaitez quitter la salle, je vous invite à rejoindre la sortie. (Il tend sa main en direction de la double-porte au fond de la pièce, en face de lui. Il laisse ensuite retomber son bras contre lui avant d’appuyer sa main contre sa hanche. Environ deux minutes s’écoulent.) Bien, vous donc qui êtes restés pour m’écouter… je vais vous présenter une histoire inspirée de faits réels. (Il se tait quelques secondes.) Si j’ai d’autres comédiens avec moi ? Non, je suis tout seul. Maintenant, je vous prierai d’écouter en silence…

» Il était une fois… un petit garçon du nom de Leine. (Il désigne une pancarte en bois avec un enfant dessiné dessus qui se soulève soudainement. L’enfant ressemble beaucoup à l’adolescent, comme s’il était une version miniature de celui-ci.) Il est né dans une riche famille : la famille Storlme, à Méanville. Pour la petite information supplémentaire, il a toujours été fils unique. Il était assurément destiné à reprendre le flambeau de la famille quand il serait grand, en plus d’être marié de force à une fille de noble famille également. Rien d’extraordinaire jusqu’ici, sa vie était déjà toute tracée, mais il ne semblait pas en avoir vraiment conscience à cet âge-là. Et même s’il l’avait compris, il n’en montrait rien. Ses parents, eux, étaient de grands amateurs de l’art du spectacle. Très souvent, ils sortaient le soir pour aller assister à des spectacles, laissant leur fils seul entre les mains de sa nourrice. (L’adolescent se déplace derrière la première pancarte, les mains derrière la tête, tandis qu’une seconde beaucoup plus grande s’est dressée à côté de lui. Elle représente une grande femme aux cheveux violets, avec une tenue de servante noire.) Le garçon connaissait mieux sa nourrice que ses parents. Il considérait sa nourrice comme sa vraie mère. Après tout, c’était tout juste s’il voyait ses parents cinq minutes dans la journée. Soit ils étaient au travail, soit ils étaient de sortie. Aux côtés de sa nourrice, il a appris notamment à lire et à parler correctement. Il adorait aussi que sa nourrice lui raconte des histoires. Et il s’est vite découvert une passion pour les livres en tout genre, avec un petit penchant tout de même pour ceux avec de la magie.

» Bien sûr, le petit garçon n’est pas resté éternellement petit. Il a grandi, atteignant un âge suffisant pour aller à l’école primaire. Mais ses parents ne lui ont pas offert la chance de se faire des amis. Il prenait des cours à la maison, ses parents payaient des professeurs particuliers pour qu’ils viennent lui enseigner. (Lawless a fait une pirouette sur lui-même avant de s’écarter sur le côté. Le premier panneau s’est baissé pour en soulever un autre avec le même enfant, cette fois, assis à une table avec un livre sous les yeux.) L’enfant s’ennuyait terriblement. Il voulait aller explorer le monde extérieur, le monde au-delà des barrières devant leur grand terrain. Le petit blond en a fait part à sa nourrice. Celle-ci a bien tenté de le convaincre qu’il devait rester ici, et qu’elle ne pouvait pas l’emmener dehors, elle s’aperçut vite que son refus attristait encore plus l’enfant qui avait tant confiance en elle. Elle s’est résignée à désobéir aux ordres. Elle réunit quelques domestiques et gardes de la maison qui appréciaient Leine autant qu’elle. (En arrière-fond, les voix de plusieurs personnes discutant se sont mises à retentir dans la salle, mais on ne peut pas vraiment comprendre ce qu’elles disent.) Ensemble, ils sont parvenus à trouver une solution pour aider l’enfant à quitter une petite heure le cocon familial pendant une absence des maîtres de la maison. (Les voix se sont arrêtées.)

» Le soir venu, tandis que les parents de l’enfant se préparaient à partir, sa nourrice et lui se sont échappés par la porte de derrière, dans le jardin. (Les deux pancartes sont retombées, et une beaucoup plus large s’est levée de l’autre côté. Elle montre un buisson de roses derrière lequel, une grande femme tient un petit garçon par la main. Les deux semblent courir.) Le duo emprunta un passage secret qui mène directement à la rue. C’est ainsi qu’ils ont pu sortir, et que l’enfant a pu découvrir sa ville pour la première fois. Il faisait nuit, donc il ne voyait pas très bien, malgré le clair de lune. Mais un sourire s’est dessiné sur ses lèvres, ce qui a enchanté au plus haut point la nourrice, qui regardait constamment autour d’elle, sur ses gardes. La femme fit visiter la ville au plus jeune. Elle lui a montré tous les bâtiments importants comme le Music-Hall où se rendent ses parents pour les spectacles, les stades, le Circuit Exciting’n’Outrageous et la Grande Roue. (Des panneaux, accrochés à des ficelles, sont tombés d’en-haut l’un après l’autre, à chacun des noms cités.) Le garçon est devenu très excité quand il a vu cette dernière, et il a aussitôt demandé à sa nourrice s’il pouvait faire un tour dedans. Après y avoir réfléchi une seconde, elle a accepté. L’enfant se souviendra toujours de cette magnifique vue du sommet de la Grande Roue. Pour lui, c’est un souvenir inoubliable.

» Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Le duo est rentré sans encombre. Cependant, un garde leur annonça que ses parents le cherchaient car ils voulaient l’emmener avec lui voir le spectacle de ce soir. Ne l’ayant pas trouvé, ses parents avaient compris qu’il s’était évadé de la maison, et qu’il risquait une sévère correction demain. Le garçon trembla. Il avait peur. Sa nourrice essaya de le rassurer, et le guida jusqu’à sa chambre pour l’aider à s’endormir. Le petit blond ne la revit jamais. Elle s’est assurée de prendre toute la responsabilité de sa fuite, afin que ses parents ne le punissent pas. Elle a été renvoyée de son poste. (Sortant un crayon de derrière son dos, l’adolescent est passé devant la longue pancarte et fait une croix rouge sur la femme aux cheveux violets.) Et depuis cette nuit-là, ses parents veillent à toujours l’emmener avec eux voir les spectacles. Au début, l’enfant n’était pas du tout intéressé par ce qu’il regardait. Il ne comprenait pas du tout. (Au crayon rouge, le jeune homme écrit « Théâtre ? » au-dessus de la tête de la petite silhouette sur le panneau.) Mais il est intelligent. Il a fini peu à peu par assimiler ce que c’est et ce qui se passe. Il a commencé à apprécier le théâtre, comme ses parents. À la maison, il essayait d’apprendre des tirades complètes de certains personnages, puis après s’être déguisé, il les récitait parfaitement, ajoutant l’émotion liée au dialogue. (Le long panneau s’est abaissé. Puis un petit panneau avec dessus un jeune garçon déguisé, tenant une épée en bois, s’est dressé.)

» Et finalement, un soir, le garçon vit la meilleure pièce de théâtre qu’il n’ait jamais vue : Roméo et Juliette. Sans raison vraiment apparente, il a adoré la représentation. Très vite, il a demandé à ses parents de lui acheter cette pièce en livre et il a commencé à apprendre chacune des répliques de Roméo. Sa mère le surprit à de nombreuses reprises en train de reproduire les mêmes scènes que la pièce. Après en avoir parlé avec son père, ses parents décidèrent de l’inscrire dans le club de théâtre de la ville. Leine avait alors seulement sept ans. (Fermeture des rideaux.)

Acte II – Carrière de Comédien

« C’est en quoi vous faites mieux voir que vous êtes excellent comédien, de bien représenter un personnage qui est si contraire à votre humeur. » – Molière (L’Impromptu de Versailles)

(Ouverture des rideaux. Le décor a changé. L’arrière-plan représente une salle de spectacle avec une immense scène. De nombreux petits personnages sont dessinés, tous plus différents les uns que les autres. On peut voir également les chaises des premiers rangs des spectateurs. L’adolescent blond se tient sur le côté de la scène. Il est appuyé sur le pommeau de sa rapière, semblant elle-même être plantée dans le sol de l’estrade. La petite Emolga n’est plus sur sa tête, mais on peut l’apercevoir perchée sur la barre qui tient le rideau, au plafond.)

LAWLESS

» Oh ! Voilà l’acte II qui commence ! Vous êtes toujours là ? (Silence. L’adolescent observe les rangs des spectateurs invisibles un court instant.) Eh bien, j’ai l’impression qu’il manque quelques personnes. Je peux les comprendre. Ils n’étaient pas venus voir ça. Vous autres, pourquoi êtes-vous encore présents ? (Nouveau court silence.) Pour entendre la fin de l’histoire ? Ah, très bien, alors reprenons de suite ! Je vous remercie de votre attention.

» Lorsque le petit blond est entré pour la première fois dans la salle du club de théâtre, il était terrifié. Après tout, il ne connaissait pas grand-chose du monde extérieur, et il ne connaissait personne dans cette pièce également. Ses parents l’accompagnaient. Les autres enfants le regardaient d’un mauvais œil, comme s’ils avaient compris tout de suite que sa famille était riche, bien plus que la leur. Le nouvel arrivant ne se sentait pas du tout à l’aise. (Une pancarte se soulève, montrant un petit garçon dessiné et semblant trembler.) Il voulait déjà rentrer chez lui, à l’abri de tous ces regards méprisants. Mais il dut tenir bon. En plus, c’était l’occasion pour lui, de se faire enfin des amis. Il ne pouvait pas s’enfuir comme ça alors que cette chance se présentait à lui. Deux adultes, une femme et un homme, se sont approchés de lui et ses parents. Ils se sont présentés : Maria, pour la femme ; Dylan, pour l’homme. (Deux nouveaux panneaux apparaissent représentant Maria et Dylan. Maria a de longs cheveux roses et des yeux bleus, tandis que Dylan a des cheveux bleus attachés en queue de cheval et des yeux verts.) C’était eux qui s’occupaient du club de théâtre. Les parents du garçon expliquèrent qu’ils souhaitaient l’inscrire au théâtre. Maria et Dylan acquiescèrent avant de se retourner vers les autres jeunes comédiens. La femme frappa dans ses mains et les enfants se réunirent devant elle aussitôt. Elle déclara que désormais, ils avaient un nouveau camarade, et elle leur demanda d’être gentils avec moi. Tous hochèrent de la tête. Puis les parents du petit blond sont partis, le laissant seul au milieu de tous ces inconnus…

» Avec le temps, Leine finit par apprendre à les connaître. Et au final, il devint ami avec la plupart d’entre eux. Quelques uns restaient réticents à sa présence. Quelques autres étaient impressionnés par toutes les pièces de théâtre qu’il connaissait. Il n’était pas un excellent comédien comparé aux plus anciens élèves, mais il se débrouillait plutôt bien, à force d’avoir essayé d’imiter des vrais acteurs. C’était aussi la première fois qu’il voyait vraiment des Pokémons. C’était aussi la première fois qu’il touchait vraiment des Pokémons. Il travaillait avec eux. Eux aussi avaient leur rôle à jouer dans les pièces de théâtre. Vraiment, l’ambiance d’entente mutuelle entre ces petites créatures et les comédiens était incroyable aux yeux du garçon. Pour une raison qu’il n’a jamais pu comprendre, ses parents refusaient d’avoir des Pokémons à la maison. Ils prétendaient que ces étranges animaux étaient dangereux. Mais l’enfant blond ne le voyait pas de cet œil. Lui, il s’entendait très bien avec eux. Il les appréciait, et c’était réciproque. (Le panneau du garçon tremblant s’abaisse. Un autre apparaît où on voit le même garçon penché en avant, en train de caresser la tête d’un Gobou. L’adolescent regarde un instant la pancarte et un petit sourire se dessine quelques secondes sur ses lèvres.) Il se plaisait réellement dans ce club.

» Puis, la fin de sa première année de théâtre est arrivée. Et le petit blond a dû faire sa première représentation devant un maigre public, se composant des parents de chacun de ses camarades. Les siens y compris. Il n’avait pas un rôle très important, mais il craignait malgré tout de tout faire rater s’il faisait une petite erreur de dialogue. Ses amis et les Pokémons essayaient de le rassurer, ils lui répétaient que tout irait bien. Certains lui conseillèrent de boire un peu d’eau, sauf qu’il manqua de s’étouffer en buvant. Ils lancèrent tomber cette idée à l’avenir. Les deux adultes tentèrent aussi de le calmer, en vain. Néanmoins, ce fut quand il mit les pieds sur scène, alors qu’il croyait que son stress allait s’intensifier, celui-ci diminua considérablement sans pour autant disparaître complètement. Il se sentait plus libre et joua son rôle parfaitement. À la fin de la représentation, lorsque tous les comédiens se réunirent sur la scène pour faire une révérence, le garçon avait un immense sourire aux lèvres. (L’adolescent regarde vers le fond de la scène. Toutes les pancartes tombent pour laisser place à une qui prend toute la largeur de la scène. Dessus, on peut voir plusieurs enfants dessinés, se tenant tous la main et souriant.) Il était heureux. Les spectateurs les applaudissaient très fort. (En arrière-fond, un fort bruit d’applaudissements retentit pendant quelques minutes avant de s’arrêter.) Il ne s’était jamais senti aussi heureux. Il se demanda si les grands comédiens ressentaient la même chose quand on les applaudissait à la fin d’un spectacle. Il supposa que oui. (Le long panneau redescend.)

» Le temps passe vite quand on joue sur scène. Je dois admettre que je suis bien d’accord avec ça. Et le petit garçon de notre histoire aussi. Il a bien grandi, quatre ans se sont écoulés. Il se débrouille beaucoup mieux. À ce moment de l’histoire, il est âgé de onze ans. C’est aussi à cette période que les vieilles habitudes commencent à changer considérablement. Tout d’abord, ses parents décidèrent enfin de l’inscrire à l’école. À cause de son âge, l’enfant commença l’école en première année de collège. Ses parents lui annoncèrent également qu’ils lui avaient trouvé une fiancée. Elle s’appelait Ophélie Lloyden. Leine n’était pas sûr de comprendre. Il a songé à leur crier qu’il ne voulait pas se marier avec une fille qu’il n’aimait pas, mais il s’est retenu de le faire. Après tout, il ne l’avait jamais vue, cette Ophélie. Il n’a jamais su si c’était une coïncidence ou si les parents de la jeune fille l’avaient forcée, mais peu de temps après que les cours de collège aient commencé, une nouvelle camarade arriva au club de théâtre. Son nom ? Ophélie Lloyden. Le jeune garçon était choqué. Il ne s’attendait pas à la voir débarquer dans son petit club. Pourtant, il laissa couler. Il ne la trouvait ni particulièrement jolie, ni particulièrement laide. Non, elle ressemblait juste à une fille potentiellement normale. (Une pancarte de taille moyenne se lève. Dessus, on peut voir une jeune fille aux longs cheveux blonds et des yeux bleus détournés sur le côté. Un peu de crayon rouge est gribouillé sur ses joues comme si elle rougissait. L’adolescent blond s’approche du panneau et passe ses bras autour de celui-ci, avant de poser son menton sur le dessus.)

» Contrairement à ce que le collégien pensait, sa future fiancée se débrouillait plutôt bien au théâtre. Il se surprit plus d’une fois à l’observer beaucoup plus qu’il ne voulait laisser paraître. Elle se déplaçait toujours avec une grâce épatante, ses paroles étaient claires ne laissant place à aucun doute dans celles-ci. Plusieurs fois, leurs regards se croisaient, et l’un comme l’autre détournait immédiatement les yeux, honteux. Le garçon blond redoubla d’efforts, n’acceptant pas l’idée d’être surpassé par une nouvelle. Ils se parlaient très, très, très rarement, sauf lorsque Maria et Dylan ne leur laissaient pas le choix. Heureusement pour le jeune homme, il ne voyait Ophélie que durant les cours de théâtre. Il savait que s’il la croisait ne serait-ce qu’un peu plus, il finirait irrémédiablement par l’aimer, et ce serait donner satisfaction à ses parents, ce qu’il refusait au plus haut point. Il ne voulait pas se soumettre à leur autorité. (L’adolescent libère la pancarte et se décale sur le côté avant de poser un genou à terre. Il baisse également la tête et pose sa rapière devant lui. Il semble dépeindre une personne qui se soumet à quelqu’un d’autre.) Toutefois, parfois, il avait l’impression que la jeune fille tentait tant bien que mal de se rapprocher de lui et qu’il passait son temps à la repousser. « Surtout éviter tout contact avec elle. » se répétait sans cesse le jeune blond.

» Cependant, lorsqu’une personne veut se rapprocher de vous, elle ne vous laisse pas trop le choix. C’est ainsi que l’année suivante, le jeune garçon a vu Ophélie débarquer dans son collège, mais également dans sa classe. (L’adolescent blond se remet debout, récupérant son arme au passage, et tapote le sol du bout de celle-ci. La pancarte de la jeune fille descend pour en laisser monter une autre avec la même jeune fille dans l’embrasure d’une porte, un sourire aux lèvres. Non loin, un second panneau se lève avec le garçon assis derrière un bureau, affichant un air choqué.) La jeune Ophélie s’est approché du grand enfant et l’a salué amicalement. En retour, tout ce qu’a réussi à faire l’enfant est de bafouiller le prénom de son amie. Il ne savait pas du tout comment il devait réagir. Il a songé à quitter le collège et reprendre des cours particuliers, mais il se doutait que ses parents seraient contre. Il cherchait désespérément un moyen de se sortir de cette situation très déstabilisante à son goût. Il n’en trouva pas. Après ça, la jeune fille est allée s’asseoir au bureau à côté du garçon. Elle tourna à nouveau la tête dans sa direction pour déclarer : « Pas la peine d’être timide. Nous sommes fiancés. Je pensais que ce serait une bonne idée qu’on se côtoie plus souvent pour apprendre à se connaître. » Elle lui adressa un nouveau sourire. Elle semblait sincère. Le garçon rougit à ses mots et détourna la tête, gêné. Son cœur battait la chamade. Il entendit Ophélie rire doucement. Et là, Leine comprit que c’était trop tard. Il était tombé amoureux d’elle…

» Ce ne fut que quelques mois plus tard que le jeune garçon, alors âgé de douze ans, prit son courage à deux mains pour demander à la jeune fille de sortir avec lui, ce qu’elle accepta sans hésiter. Ils commencèrent à traîner de plus en plus souvent ensemble. Ils mangeaient ensemble, faisaient leurs devoirs ensemble, allaient au club de théâtre ensemble… et tout plein d’autres choses ensemble. Il l’emmenait quelques fois le soir ou le week-end au Music-Hall pour voir des représentations de théâtre. Un jour, Ophélie avoua au garçon son plus grand rêve. Elle voulait faire des études pour devenir Dresseuse Pokémon. (Balançant sa rapière sur son épaule, le grand adolescent s’avance vers les deux pancartes et appuie légèrement dessus avec sa main libre. Celles-ci s’enfoncent dans la scène tandis qu’une autre les remplace. Dessus, Ophélie est dessinée et entourée de plusieurs Pokémons.) Le blondinet lui a souri. Il ne se sentait pas aussi proche des Pokémons qu’elle. Mais il lui a promis de partir en voyage avec elle, tout en suivant sa propre voie : devenir un grand comédien. (Lawless se tait quand il « entend » une remarque provenant de son public, avant de reprendre.) Ses plans ont changé ? Oui, effectivement, ils ont changé d’une façon plutôt brusque d’ailleurs.

» À chaque fin d’année scolaire, le club de théâtre organisait une grande représentation, beaucoup plus grande que les précédentes, lorsqu’il était encore en primaire. Il y avait plus de monde : les parents, bien évidemment, mais également les autres élèves de son collège, voire peut-être de d’autres collèges, ainsi que des professeurs et autres adultes ayant trouvé le temps de venir. Les pièces de théâtre étaient toujours différentes, généralement créées par Maria et Dylan. Excepté une. Celle de sa dernière année de collège. Au début de cette dernière année, il avait demandé aux deux représentants s’ils pouvaient jouer la grande pièce « Roméo et Juliette ». Après un temps de doute, Maria et Dylan rigolèrent et acceptèrent sa demande, lui donnant le rôle de Roméo. Ils donnèrent celui de Juliette à Ophélie, ce qui rendit Leine très heureux. Ça aurait pu être une joyeuse fête de fin d’année si tout c’était bien déroulé… mais les imprévus arrivent toujours n’importe quand, et pas forcément de la meilleure façon qui soit. Si vous voulez bien écouter la suite, et retenez vos larmes, s’il vous plaît…

» Vous tous ici présents, je présume que vous connaissez tous la célèbre pièce « Roméo et Juliette » pour l’avoir vue ou lue au moins une fois, n’est-ce pas ? L’incident se déroule durant l’Acte II, à la Scène II. Vous souvenez-vous ? Juliette paraît à la fenêtre de son balcon pour parler à Roméo. Jusqu’ici, tout se déroulait bien pour le jeune garçon et la jeune fille. (L’adolescent méché fait mine d’essuyer ses yeux d’un revers de la main. Il tapote deux fois du bout de son pied sur le plancher et une grande pancarte apparaît. Elle représente la scène sur le balcon, non pas avec Roméo et Juliette, mais avec Leine et Ophélie.) Leine a sorti sa longue tirade avec une facilité déconcertante, mais quand ce fut le tour d’Ophélie… elle commença ses paroles : « Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? Renie ton pè… » Là, à cet instant précis, l’enfant blond vit chuter sa bien-aimée depuis sa fenêtre. Malgré qu’il ne saisisse pas ce qui se passait sur le coup, il courut pour la rattraper dans ses bras. Il s’agenouilla sur le sol tandis que plusieurs personnes sortirent des coulisses pour s’approcher en courant. Des murmures inquiets parmi les spectateurs commencèrent à se faire entendre. La fille aux longs cheveux blonds avait les yeux clos. Son visage crispé montrait qu’elle souffrait, mais impossible de savoir ce qu’elle avait, elle ne présentait aucun symptôme. Dylan appela les pompiers en urgence. Le garçon était terrifié, il ne cessait de répéter le nom de sa fiancée. Il voulait qu’elle ouvre les yeux, ce qu’elle finit par faire au prix d’un effort surhumain. Elle plongea son regard océan empli d’une profonde tristesse dans celui flamboyant du garçon. Elle parut chercher ses mots, cependant, elle secoua finalement légèrement la tête et déclara simplement : « Je suis désolée, Leine… » Puis ses yeux se fermèrent à nouveau.

» Le garçon cria le nom de son amie plus fort. Quelques spectateurs étaient montés sur la scène avec une forte inquiétude. D’autres avaient écarté les chaises du passage pour les pompiers dont on entendait déjà la sirène au loin. Ils n’allaient plus tarder, il fallait qu’Ophélie tienne bon. C’était ce que l’enfant blond lui suppliait. Malheureusement, à peine cinq minutes s’étaient écoulées qu’il ne sentait plus son souffle contre son cou, et il comprit qu’elle venait de mourir d’une maladie dont elle ne lui avait jamais parlé. Le blondinet pleurait, pleurait sans parvenir à se calmer. Il serrait sa douce dans ses bras. (Malgré que l’adolescent se soit détourné pour le cacher, on peut apercevoir que des larmes perlent au coin de ses yeux. Le grand panneau retombe contre le sol pour laisser place à un autre montrant le garçon avec la fille dans ses bras.) Les larmes coulaient sur ses joues. Maria tentait vainement de le consoler. Finalement, les pompiers arrivèrent en urgence, sauf que c’était déjà trop tard. Ils durent prendre le corps inerte de la jeune fille de force, et un médecin fit un rapide diagnostic. Il arriva à la conclusion qu’Ophélia avait fait un AVC, un Accident Vasculaire Cérébral, ce qui était un cas extrêmement rare pour une personne de son âge. Quelqu’un parmi le public dispersé, une voix féminine, déclara que dans la famille Lloyden, plusieurs personnes étaient déjà décédées de cette façon. Le jeune garçon se leva alors soudainement, sa frange tombant devant ses yeux. Il se fraya un passage à travers la foule agglutinée, et quand il parvint enfin à en sortir, il s’enfuit par la porte principale et disparut dans la nuit noire…

Acte III – L’Île Alera

« Pour les petits enfants, l’éducation, c’est le maître d’école ; pour les jeunes gens, c’est le poète. » – Aristophane (Les Grenouilles)

(Ouverture des rideaux. Nouveau décor. L’arrière-plan représente un fleuve. On peut voir la berge verdoyante en face. Sur le bord droit est également dessiné un pont en pierre. De la mousse semble pousser sur celui-ci, prouvant à quel point il est ancien et qu’il ne doit plus être traversé depuis des années. L’adolescent est assis non loin du pont, les yeux levés vers le plafond. Si on suit son regard, par ailleurs rougi comme s’il avait pleuré durant l’entracte, on remarque tout de suite que la petite Emolga est penchée vers lui. Puis, celle-ci saute de son perchoir. Elle étend ses bras, déployant les membranes de ses bras qui lui servent d’ailes. Elle se pose en douceur sur les genoux du jeune homme qui lui adresse un petit sourire discret.)

LAWLESS

» Eh bien ! Je vois que vous êtes toujours là ! J’espère que vous n’avez pas pleuré, vous me l’aviez promis ! Et puis, ce n’est qu’une histoire, il n’y a pas de quoi être triste, hein ? Allez ! Souriez pour moi ! Ne vous inquiétez pas, cette pièce de théâtre, qui ne respecte même pas la règle des trois unités, est bientôt terminée. Un peu de courage sinon vous ne saurez jamais si le faux Roméo a survécu ou non ! Après tout, il s’est enfui sans achever la pièce de « Roméo et Juliette » ! Et s’il s’était suicidé pour rejoindre sa Juliette ? Ah, ah ! Je sens votre impatience maintenant ! Je continue, je continue !

» Errant dans la nuit noire, le garçon se rendit au bord d’une rivière où il put éclater en sanglots librement, laissant sa tristesse s’emparer pleinement de lui. À travers ses yeux troubles, il regarda l’eau et s’approcha du bord. Il étendit ses bras sur le côté et se pencha en avant vers celle-ci. Peut-être pensait-il pouvoir retrouver Ophélie de cette manière. (L’adolescent ne bouge pas de sa place assise, mais ouvre ses bras sur les côtés comme pour imiter l’enfant de son histoire.) Il se penchait de plus en plus. Il était sur la pointe des pieds… prêt à tomber dans l’eau sombre… quand des voix retentirent dans son dos, dont une plus alarmée que toutes les autres. Dans la surprise, il manqua de basculer, mais quelqu’un le rattrapa au poignet et le tira sur la berge. Sa vue floue ne lui permettait toujours pas de distinguer ses « sauveurs ». Toutefois, quelqu’un le prit dans ses bras, l’étreignant chaleureusement. La personne lui caressa les cheveux, murmurant des mots doux pour le réconforter, bien qu’elle doive se douter que ses paroles n’avaient aucun effet. Le garçon au cœur blessé identifia la voix féminine comme étant Maria et il pleurait encore et encore dans ses bras. Pourtant, au fur et à mesure, ses larmes commencèrent à manquer et ses sanglots se turent petit à petit. Il ne voyait toujours rien, mais il finit par se calmer et s’écroula dans les bras de l’adulte. Il n’avait plus aucune force. Tout ce qu’il désirait était de mourir pour revoir sa bien-aimée. Il ferma les yeux et, malgré tout le stress, s’endormit de fatigue pour avoir tant pleuré ainsi que couru. Lorsque les gens autour de lui s’en aperçurent, ils décidèrent de le ramener chez lui. (Lorsque l’unique comédien bouge pour s’allonger sur le sol, la petite Emolga s’écarte et revient se blottir contre son ventre.)

» À son réveil, de nombreuses personnes dont ses parents se tenaient à son chevet. Tous eurent un sourire rassuré quant ils le virent ouvrir les yeux. Le collégien se redressa dans son lit et se demanda quelques secondes ce qu’il se passait. Puis tout lui revint en mémoire et il recommença à avoir les larmes aux yeux. Mais il se retint tant bien que mal. Il ne voulait pas paraître faible face à tout ce monde. Une personne lui apprit que les obsèques avaient lieu dans quelques jours et, bien évidemment, il y était convié. Le garçon hocha légèrement la tête. Cependant, rien que l’idée de s’y rendre lui tordit l’estomac et il se leva d’un bond pour aller vomir. Des gens, notamment ses parents encore, le rejoignirent très vite, mais il leur cracha de le laisser seul. (De sa position sur le dos, le grand adolescent se tourne sur le côté et serre ses bras autour de son estomac, mimant un air de douleur.) Les adultes se regardèrent avec des coups d’œil inquiet avant de tourner les talons et s’éclipser de la salle de bain. Une nouvelle fois, l’enfant parvint à ne pas rendre ses tripes. Après un bon cinq minutes à souffler longuement, il se mit debout et sortit dehors, retournant près de la rivière où il s’est rendu la veille. Là, il s’assit et posa son regard sur l’eau miroitante. Les heures défilèrent sans qu’il ne s’en rende compte. Quelqu’un est finalement venu le chercher pour lui dire qu’il devait rentrer car ses parents s’inquiétaient à son sujet.

» Et les jours suivants se succédèrent de la même façon. Complètement déprimé depuis le décès d’Ophélie, le jeune homme traînait sans but au bord de la rivière. Traînait ou errait, telle est la question. Il avait l’habitude de venir ici avec elle. C’était leur petit coin tranquille, près d’un vieux pont abandonné. (L’adolescent se redresse en position assise et désigne le pont sur l’arrière-plan. La petite Emolga, quant à elle, s’avance vers ce fameux arrière-plan comme si elle connaissait parfaitement la suite du scénario.) En parlant de pont, il avait coupé les liens avec le club de théâtre pour le moment. Il ne voulait plus en entendre parler. Mais ça ne saurait tarder avant que sa passion le rattrape tôt ou tard. Ce fut aussi proche de ce pont qu’il fit la rencontre d’un petit Pokémon… tandis qu’il regardait vaguement la surface de l’eau, perdu dans ses sombres pensées, enfermé dans sa bulle, il perçut un petit cri. Il revint à la réalité et regarda autour de lui, cherchant la provenance du bruit qui l’avait dérangé. Et là, ses yeux se reposèrent sur l’eau quand il entendit des éclaboussures. Il plissa les yeux et s’approcha de la rive. (Le méché se lève pour rejoindre la petite Emolga devant l’arrière-plan.) Le Pokémon agitait ses pattes dans tous les sens, essayant tant bien que mal de garder la tête à la surface de l’eau. L’enfant porta ses mains à sa bouche, effrayé. La petite créature allait se noyer. Là, il eut comme un flash. Il crut voir l’ombre d’Ophélie sauter à l’eau pour secourir le Pokémon. Il la connaissait depuis suffisamment longtemps pour savoir qu’elle aurait fait ça sans hésiter une seconde. Bien qu’une larme coulât sur sa joue, Leine comprit ce qu’il avait à faire. Il plongea à son tour et nagea jusqu’au petit animal. Il réussit à l’attraper et à le reporter sain et sauf si la berge. Récupérant sa longue écharpe noire qu’il avait jetée avant de sauter, il enveloppa la créature à l’intérieur pour la réchauffer. Puis il courut jusqu’à chez lui.

» Dans un premier temps, ses parents furent surpris par ce qu’il ramenait à la maison, mais encore plus par le fait qu’il était trempé. Il leur expliqua brièvement la situation et il leur dit qu’il le garderait avec lui désormais, ne laissant guère le choix à ses parents qui n’essayèrent pas vraiment de le contredire. Pour une fois. Puis, il fila dans sa chambre. Il se changea rapidement pour des vêtements secs avant de reporter pleinement son attention sur le petit Pokémon. Il déroula son écharpe et vérifia que celui-ci n’était pas blessé. La créature frissonna entre ses mains, alors le garçon la frictionna avec son écharpe duveteuse. L’animal poussa un petit cri de bien-être. Il s’ébroua et se mit debout sur ses pattes avant de grimper sur le bras du jeune adolescent jusqu’à atteindre son épaule. Il frotta sa tête contre la joue du garçon, ce qui arracha un discret sourire à ce dernier. (Lawless s’accroupit sur la scène, face au public invisible, juste à côté de la petite Emolga. Celle-ci escalade son bras pour venir sur son épaule et reproduit la même chose que dans l’histoire. Si le méché veut sourire, il ne le montre néanmoins pas.) Le jeune garçon caressa la petite boule de poils et lui dit que désormais, il veillerait sur elle. Accompagné de la créature, il fouilla dans l’un de ses tiroirs pour en sortir une petite chaîne en argent sur laquelle était accrochée une gourmette. Avec un couteau qu’il dégota dans ce même tiroir, il inscrivit le nom qu’il donna au petit Pokémon et l’attacha autour du cou de celui-ci. De son nouveau nom, Plushie poussa un autre cri, joyeusement. Les jours suivants, le garçon ne les passa qu’à s’occuper de son nouvel ami. Il lui donnait à manger, le lavait, se promenait avec lui dehors… Montrant à quel point il était heureux, le petit Pokémon attirait ses semblables sauvages jusqu’au jeune homme. Le duo jouait avec eux. Lui qui n’avait jamais vraiment eu de contact avec les Pokémons, autres que ceux du club de théâtre, pour la première fois, il les approchait et s’attachait peu à peu à eux. (Le conteur tapote la scène avec des petits coups de poing, ce qui fait se soulever une pancarte représentant le collégien entouré de Pokémons divers et variés.)

» Mais le garçon avait beau essayer de se relever de ce terrible évènement, rien ne s’arrangea. Il se souvint du plus grand rêve de sa fiancée. Le rêve qu’elle espérait réaliser, mais qu’au final, il s’est échappé de ses mains avant, et elle avec. (L’adolescent blond plie ses bras en croix sur son torse et ferme les yeux un instant.) Il se rappela de sa propre promesse, devenir un grand comédien à ses côtés. Il se remit à pleurer presqu’aussitôt. Et le petit Pokémon vint se frotter contre lui pour le consoler. Il avait songé à réaliser son rêve à sa place, mais il ne savait pas vraiment s’y faire avec les Pokémons. D’autant plus que sa déprime le plongea plus profondément dans les ténèbres de ses pensées. Ses parents, désespérés de le voir dans cet état, lui parlèrent d’une île nommée Alera, connue pour ses sources chaudes apaisantes. Ils lui proposèrent de poursuivre ses études là-bas, et il pourrait revenir quand il se sentirait mieux. Après une longue réflexion, le jeune homme accepta l’idée. Ses parents et lui firent donc les démarches nécessaires pour le voyage jusqu’à l’île. Évidemment, Plushie l’accompagnait. Il ne s’était pas complètement remis des évènements, et il ne se remettrait sûrement jamais totalement, mais il réalisa que le théâtre lui manquait vraiment de plus en plus. Alors il s’inscrivit au club de théâtre de la ville de Mell. C’était un moyen comme un autre de se relever, d’après lui. Il chercha à retrouver sa gaieté d’antan, mais ça lui coûta de se renfermer encore plus sur lui-même, de piéger ses sentiments au fond de son cœur, beaucoup plus qu’il ne l’imaginait. Il parlait aux inconnus, toujours le sourire aux lèvres. Il se plaisait à embêter les gens, surtout ceux qui n’appréciaient guère le théâtre. Et les années passèrent tranquillement. Il venait toujours à la rencontre des nouveaux visiteurs. Pour les ennuyer, pour les exaspérer avec ses longues tirades lues et apprises par cœur de diverses pièces de théâtre.

» Aujourd’hui, on ne sait pas vraiment ce qu’il advient du jeune Leine, peut-être vit-il toujours sur l’île d’Alera, peut-être est-il rentré à Méanville, qui sait ? Après tout, tout cela n’est qu’une histoire ! Eh bien, eh bien ! J’espère que vous avez aimé ! Sur ce, messieurs, dames, je vous souhaite une excellente soirée ! (L’adolescent blond se remet debout et s’incline face à ses spectateurs invisibles. La petite Emolga, tant qu’à elle, grimpe sur la tête de son compagnon comédien et secoue sa patte comme si elle saluait le public à sa manière. Un bruit d’applaudissements tellement faux retentit dans la salle qui s’atténue lentement lorsque les rideaux se ferment.)

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Team Pokémon




Pack starter

Potion – Super Potion - Potion

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You, behind the screen

Pseudo : Flocon / Lunapis ♦ Âge : XX ans ♦ Pays : France ♦
Comment as-tu connu le forum ? Un top-site m’a indiqué le chemin ♦ Fréquence de connexion : Fréquente ♦ Crédit de ton avatar : Hyde / Lawless – Servamp ♦ Double-compte ? Nope ♦ Le mot de la fin : Have fun ! ♦


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MessageSujet: Re: « Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? » – Leine Storlme   Jeu 18 Aoû - 23:56

WOW ! Cette fiche est passée inaperçue alors que le personnage est super intéressant !
Je la up, pour la peine ;D

Bienvenue sur le forum !
Tu rejoins direct le club des Broken Cinnamonroll à cause de l'événement traumatique que ton personnage a subi ! Pauvre Ophélie et pauvre Leine, c'est hyper triste comme histoire.

J'aime beaucoup la mise en scène théâtrale de ton histoire, ça rend vraiment bien et colle avec ton personnage ! owo
Bon courage pour la suite !
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MessageSujet: Re: « Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? » – Leine Storlme   Ven 19 Aoû - 11:06

Des références littéraires, je t'aime !

Cas ayant dit tout ce que je voulais dire, euh... Bienvenue ?
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REGION : Johto
POKÉBALL LANCÉES : 1073
A DÉBARQUÉ SUR L'ÎLE LE : 19/04/2014

MessageSujet: Re: « Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? » – Leine Storlme   Ven 19 Aoû - 14:00

Bienvenue sur le forum ! Une très belle fiche en effet, et j'ai beaucoup aimé l'histoire racontée comme une pièce de théatre. C'était bien écrit, bien réfléchi et structuré. J'ai hâte de voir ce que va donner ce personnages en rp ;)



Hello, nouveau cinnamonien ♥️


Félicitations, tu es validé(e) ! Nous sommes heureux de te compter parmi nos chers et tendres tarés de membres ♥️ A présent ta fiche archivée, ta couleur va t'être donnée. En attendant, tu peux entamer ta Carte Dresseur, mais également gérer tes éventuelles demandes de liens et/ou de RP. Ceci fait, tu peux à présent poster un peu partout, alors n'hésite pas à participer à notre flood et nos jeux afin de mettre une nouvelle pierre à l'édifice !

love ya coeur



________________________


Prepare for trouble, and make it double.
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A DÉBARQUÉ SUR L'ÎLE LE : 03/12/2014

MessageSujet: Re: « Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? » – Leine Storlme   Mer 2 Nov - 13:56

Wow

Je dois dire que j'étais passé à côté de cette fiche et que c'est avec un certain retard que je me rend compte que j'ai eu tort. J'ai été complétement aspiré par l'histoire et ta façon d'écrire. Du coup, ne t'étonne pas trop si j'apparais subitement dans tes MP, parce que je te proposerais sûrement un RP une fois que j'aurais réfléchi à un possible contexte avec l'un de mes personnage.

Bref, je te souhaite la bienvenue, avec un grand retard ^^

________________________

Denzel enflamme en #cc0000

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MessageSujet: Re: « Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? » – Leine Storlme   

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« Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? » – Leine Storlme

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